Les bains publics et les étuves du Moyen Age sont peut être l’héritage des thermes de l’Antiquité mais plus sûrement les croisés ont ramené cet art de vivre de leur séjour en Orient.
On va d'abord se contenter de s'immerger dans de grandes cuves remplies d'eau chaude. et à la fin du 13ème siècle apparaissent les premiers bains saturés de vapeur d'eau.
Ces établissements sont construits à peu près sur le même schéma : une cave avec des fourneaux en brique, un rez de chaussée divisée en deux grandes pièces : l’une contient une ou plusieurs cuves en bois pour une ou plusieurs personnes. L’autre contient la salle d’étuve dont le plafond est percé de trous au travers desquels s’échappe l’air chaud, des gradins et des sièges. Aux étages il y a les chambres …
Ils se situent généralement dans les rues appelée rue des bains ou rue des étuves, elles sont situées près des points d’eau et proches de lieux fréquentés, comme le marché, la cathédrale, une rue passante, ou encore aux portes de la ville
Contrairement aux idées reçues, les citadins au Moyen Age prenaient de manière fréquente des bains. L'hygiène du corps est connue depuis l'antiquité et elle prend aussi une place religieuse dans la préparation du corps pour l'autre monde. Ce n'est pas une période où on s'enfermait dans les multiples couches de vêtements afin de s'éloigner de l'eau. Au contraire, la conscience de l'hygiène renforce l'image des bains publics comme institutions sociales et civiques dans les grands centres urbains. Concernant les espaces publics ou privés, Ils ne copient pas les établissements du monde antique. Le système de chauffage des planchers est remplacé au profit d'un système plus simple de chaudron d'eau chaude situé dans le sous-sol. Les Bains thérapeutiques existait déjà comme celui de Aix-la-Chapelle prisé par Charlemagne.
Des étuves en bois servaient de baignoire qu'on remplissait avec de l'eau chaude. Les gens se lavait en portant un bonnet car la nudité était admise dans les bains sauf pour la tête. Les plus modestes employaient du savon de suif à base de cendres et de graisses de mouton ou de bœuf. Tandis que la classe aisée utilisait plutôt du savon sarrasin à base d'huile d'olive. Nous vous conseillons l'article l'art du bain au Moyen Age pour plus de détails. Les étuves sont couvertes par un grand drap composé de lin qui conserve la température de l'eau. La partie du drap à l'extérieur du tonneau essuie l'individu à la sortie de son bain.
Cependant le développement économique que connait le XVème siècle voit les étuves se muer. Entre les bains chauds, la nourriture et les chambres à coucher, tous les plaisirs du corps sont réunis en un seul et même lieu. Les bains attirent alors de plus en plus de monde et la prostitution se développe malgré les interdictions. Face à cette fâcheuse réputation, l’Eglise met en place une forte répression en interdisant la nudité et la mixité. Mais bientôt les étuves sont dans l’obligation de fermer leurs portes, poussées par l’arrivée de maladies comme la syphilis et de la Peste Noire apportées par les étrangers de passage. On découvre également que l’eau n’était pas toujours saine à cause des déchets jetés dans les rivières par les tanneurs et autres teinturiers. Le 16ème siècle est donc un tournant : l’eau devient la source de toutes les suspicions.